Le Nil et son Krokodil

19Novembre2018

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Je ne veux plus écrire sur toi, Krokodil. Je ne t'ai jamais rencontré, je ne te connais que de réputation. Pourtant, le peu que je sais de toi me brûle l'esprit comme un acide, pénétrant de plus en plus profondément, jusqu'aux abîmes où sommeillent les cauchemars : tu les as réveillés !

Je n'ai pas la force de contempler ton œuvre dans toute son horreur. La nausée que m'inspire ta seule aura me met l'estomac au bord des lèvres. Ce que je viens d'écrire sur toi ne te fait pas honneur, mais je n'ai pas la force d'aller chercher ces mots-là. Les mots pour décrire la façon dont tu corromps à la fois l'âme et le corps de tes victimes. Les lecteurs me pardonneront, mais ils devraient me remercier.

J'écris d'abord ce texte pour cela, pour panser mon âme des blessures que tu lui as infligées. Je veux faire de toi un objet de fiction pour pouvoir te ranger avec les autres croque-mitaines. Je ne peux te rendre inoffensif, mais je peux au moins me protéger de toi, me soigner du mal que tu m'as déjà fait, en t'enrobant d'une histoire irréelle.

Voilà, j'en ai fini de toi. J'espère que ton nom ne croisera plus mon chemin. Place à la fiction. Place au Nil.