Note sur l'opposition on / nous

31Juillet2019

Pour s'adresser au public, dans le cadre de Plantons des arbres, il faut privilégier systématiquement le pronom nous sur les autres pronoms (je et vous, si fréquents dans le parler politique et la langue publicitaire/propagandiste, en particulier, doivent être évités autant que possible).

Le on peut également être largement utilisé, d'abord parce qu'il permet d'alléger un peut la langue (le nous donne une certaine lourdeur au propos), mais dans des emplois légèrement différents du nous.

Le on sera utilisé pour marquer les comportements irréfléchis, irresponsables, inconséquents. En ce sens, on l'utilisera de préférence au vous ou au ils, de façon écarter la question de la responsabilité. Nous aurons ainsi plus de chances d'inclure dans notre mouvement des personnes qui sinon s'y opposeraient pour ne par crainte d'être mises en accusation, ou qui éprouveraient une forme de mauvaise conscience diffuse (pour avoir laisser faire, pour ne pas avoir réagit ou ce qu'on voudra) ; ces derniers trouveront un certain réconfort à partager cette culpabilité et la voire endosser par la collectivité. D'une manière générale, le on sera utilisé comme sujet pour des actions dévalorisées ou dévalorisantes. On l'utilisera plutôt au passé, pour analyser ce qui n'a pas été réussi, les comportements qui ont pausé problème.

A l'inverse, le nous sera utilisé plutôt au futur, pour des comportements valorisants et valorisés, responsables et assumés, incluant aussi souvent que possible l'interlocuteur (éviter absolument de l'opposer à un vous).

L'idée est qu'on ne doit pas vaincre, mais que nous devons convaincre. Qu'on ne doit pas renverser la domination, mais que nous devons obtenir du dominant le renoncement à sa domination, sa conversion.