Il s'agirait d'un mouvement ouvert, organisé de manière bottom/up, cherchant à agir selon la ligne de résistance minimum, à la recherche du consensus, non-violent, mais faisant feu de tout bois, en suivant le paradigme penser global, agir local.
Plantons des arbres ?
Une étude (référence ?) a montré que le moyen le plus efficace de lutter contre le réchauffement climatique est de planter des arbres. Il n'y a pas aujourd'hui de problème plus urgent que celui-là, ni de solution plus consensuelle. Il y a donc urgence à mettre cette solution en œuvre, à tous les niveaux possibles. Et il est possible de le faire à tous les niveaux d'organisation : individus, collectivités locales et territoriales, états, entreprises, syndicats, associations...
Cette idée serait emblématique du mouvement en plusieurs sens :
- En elle-même et comme premier objet : il s'agit en effet d'abord de commencer par faire cela, planter des arbres ;
- Comme illustration méthodologique : cette idée simple permet de comprendre rapidement le mode de fonctionnement du mouvement sans pour autant se focaliser là-dessus.
Méthodologie
Segmentation des problématiques
Bien qu'il y ait une logique d'ensemble, une théorie politique globale, celle-ci est considérée comme n'ayant pas d'intérêt par elle-même (et encore moins pour elle-même). Elle n'a d'intérêt que dans la mesure où elle permet de proposer des solutions concrètes à des problèmes concrets. Les sujets abordés doivent donc l'être en autonomie, sans s'appuyer sur des justifications ou des arguments renvoyant à la théorie globale.
Cela permet à chacun de confronter ses idées à celles des autres sans s'enfermer dans des débats idéologiques stériles. Cela permet également d'aborder chaque problème dans sa spécificité, en le considérant pour lui-même, sans biaiser sa réflexion et son argumentation par une idéologie normative.
Du point de vue politique, cela implique de considérer seulement les décisions concrètes, et d'ignorer les questions relevant de la stratégie politique : il n'y aurait ainsi jamais d'alliance ni de consigne de vote lorsque aucune personne mandatée au sein du mouvement n'est candidate. Au sein d'une instance représentative, il n'y aurait pas de répugnance à voter une mesure avec d'autres groupes à l'idéologie discriminée car, de notre point e vue, toute idéologie est discriminante parce qu'idéologique. L'argument d'alliance objective avec des groupes considérés comme ennemis est rejeté d'emblée car il est inhibiteur de solutions. Par exemple, en ce qui concerne l'offre de repas végétariens dans les cantines scolaires, nous y voyons seulement un moyen de réduire l'impact carbone de cette activité, de réduire la souffrance animale et d'inclure mieux au sein de notre société des enfants ayant des préférences alimentaires marquées. Peu nous chaut que certains y voient le fer de lance de l'islamisme politique.
Position sur la violence
Nous nous opposons fermement à toute action violente.
La violence commence lorsque l'on conteste la légitimité d'un discours en contestant celle de son auteur à parler. Le respect de la parole de l'autre consiste à le laisser s'exprimer qui qu'il soit. On peut ensuite contester la légitimité du contenu de son discours, ou encore refuser le dialogue. Mais la légitimité du locuteur ne doit pas être contesté.
Il faudra sans doute revenir plus tard sur la notion d'action non-violente pour ne pas rester enfermés dans une conception négative, et tirer les leçons de la Satyagraha.
La question de l'irruption de la parole dans des lieux où elle a été confisquée sera à poser également : par exemple, quelle position par rapport graffiti idéologiques ? est-ce une violence que de dessiner sur un mur dont on n'est pas propriétaire ? Autre exemple : est-ce une violence que d'interrompre une réunion pour y faire entendre une parole qui, selon les règles des participants, n'a pas lieu d'y intervenir ?